Émotions
Ce n'est pas pour rien que je parlais des émotions.
Peur désir colère.
Angoisse jalousie haine.
Tout cela déplace des milliards de tonnes sur Terre chaque jour.
Dans La fiesta del Chivo, Vargas Llosa évoque à plusieurs reprises les yeux de Trujillo. Je ne sais plus quels termes il emploie exactement, disons perçants et pénétrants, quelque chose de menaçant en tout cas, et puissant. Et c'est très important d'avoir précisé cela. On ne me fera pas croire que n'importe quel quidam aurait pu faire ce qu'a fait et ce qu'a fait faire Hitler à partir des annés 30. On peut mettre sur la table la crise économique, l'humiliation de Rethondes, la psychologie allemande, la pression atmosphérique, tout ce que vous voulez... Hitler était Hitler, un hominien doté d'une haine et d'un pouvoir de domination hors du commun. Je parle bien de pouvoir. Rien de magique mais du pouvoir. On se réfère souvent aux yeux, c'est normal, mais c'est une énergie qui irradie de tout un être. Quelque chose qu'on ne mesure pas et qu'on n'évoque jamais ou presque. Car ici règne le discours, la tête, l'ergosum. On mentionne tout au plus le charisme d'un chanteur ou d'un politicien. Pourtant, l'énergie, ou la fréquence d'être ou la vibration (je ne sais comment appeler cela) d'un individu n'est pas la simple conséquence d'un contexte. Haïr les Juifs est une chose, l'énergie de haine en est une autre. Combien haïssent les Arabes autant qu'Hitler haïssait les Juifs. Millions. Mais rares ceux capables de lever un peuple.
Pourquoi ne pas plus appuyer où ça fait mal.
La servitude sans émotion n'existe pas et il va bien falloir regarder ce qui se trame là où sont les émotions le discours le costume et le moi.
Retrouvé les termes exacts : "la sola presencia del Jefe - su vocecita aflautada y la fijeza de su mirada - lo aniquilaba moralmente"