Ennemi
Une erreur commune dans la servitude est encore une marque d'étroitesse : s'accrocher à l'ennemi. C'est une bêtise et une paresse.
Je comprends qu'on en veuille à celui ou celle qui nous fait ployer. Le patron, la directrice, le système, le capitalisme, la société, etc. L'ennemi. Il suffit d'avoir affaire à un chef taré pour se crisper. Mais c'est un égarement qu'en rester là. Ne sois pas là, imbécile ! Crois-tu gagner quoi ?
Je répète, que prétends-tu gagner ? (et cette basse habitude de vouloir gagner ici où tout se perd à la fin (demain)). L'ennemi ne fait guère plus qu'écraser ce qui traîne. Ce moi mal taillé que tu crois faire tenir debout, cette espèce de pelure arlequine pas plus probante que la poussière. Allons donc ! Laisse ! Se battre là c'est s'engager. Pour gagner quoi ? Du plaisir ? La voiture enviable, le téléphone portable ? Devenir chef ? Obéir bien ? Une médaille ? Ou une bêtise comme faire mieux ou pareil ou pire que les parents ? Rien de cela ne fonctionne autrement que comme une maladie. Alors admets le rapport de force mais ne néglige pas ta puissance. Vrai, gagner sa croûte ; vrai, trouvé que ça ; vrai, la hiérarchie. Mais faut-il en rajouter ? Surtout pas.
C'était pour quoi déjà? Pourquoi es-tu ici, en servitude. Ah oui, tu es employé pour le salaire pour payer toutes ces choses pour vivre ; en somme c'est pour ton espace vital. Alors prends-en soin, de cet espace vital. Donc : 1) ne t'oublie pas ici, dans la servitude et 2) ne fais pas entrer la servitude dans ton espace vital. Parce que 1) l'espace vital est pour la vie.
L'ennemi est l'ennemi de ton fantôme, pas plus. Pourtant tellement insupportable. Mais pas plus.
Donc voilà l'homme. Ne voyant ni loin ni large ni juste, il lutte contre l'ennemi, il s'y attache. Toute la merde qu'il a mâchée, toutes les couleuvres avalées, tous ses moi ruminés... C'était de cela qu'il fallait se défaire, hé bien il y retourne ! C'est ainsi que l'hominien défend ce qui lui coûte cher et qui ne vaut rien. Serait-il une victime ? Demandez à sa dignité.